Chiffrage
Chiffrer un devis de rénovation sans se tromper
Publié le
En rénovation plus qu'en construction neuve, l'écart entre le devis et la réalité du chantier vient rarement d'un mauvais prix au mètre carré. Il vient de ce que personne n'avait anticipé avant de commencer.
Chiffrer ligne par ligne, jamais au forfait global
Un devis composé de lignes détaillées (poste, quantité, prix unitaire) plutôt que d'un forfait global permet au client de comprendre ce qu'il paie, et à l'artisan de recalculer facilement si une quantité change en cours de chantier, sans devoir renégocier l'ensemble du montant.
Appliquer le bon taux de TVA
En rénovation, le taux de TVA dépend du logement et de la nature des travaux, et l'erreur se paie dans les deux sens : trop élevé, le devis perd face à un concurrent ; trop bas sans justificatif, c'est l'artisan qui doit la différence au fisc.
- 20 % : le taux normal, notamment pour la construction neuve et les travaux dans un local professionnel
- 10 % : travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement ou d'entretien dans un logement achevé depuis plus de deux ans, tant qu'ils ne reviennent pas à une construction neuve
- 5,5 % : travaux de rénovation énergétique dans ce même logement
Garder la preuve du taux réduit
Un taux réduit suppose que le client certifie par écrit l'âge et l'usage du logement et la nature des travaux, sur le devis, la facture ou une attestation. Conservez ce document avec le devis : en cas de contrôle, c'est lui qui justifie le taux appliqué.
Prévoir la clause de révision de prix
Sur un chantier qui s'étale dans le temps, une clause de révision de prix protège l'artisan contre une hausse du coût des matériaux entre la signature du devis et l'achat réel, un point particulièrement sensible depuis les variations de prix observées ces dernières années sur certains matériaux.
Elle doit s'appuyer sur un index objectif, comme les index BT publiés par l'Insee, et s'appliquer à la hausse comme à la baisse : avec un client particulier, une clause qui laisse l'artisan seul juge de la hausse serait abusive, donc inapplicable.
Anticiper l'acompte et l'échéancier de paiement
Un échéancier de paiement à l'avancement, plutôt qu'un paiement unique au solde, répartit l'encaissement sur la durée du chantier au lieu de le concentrer sur une seule facture finale, souvent la plus longue à obtenir.
L'acompte demande plus de prudence. Un devis signé chez un client particulier est un contrat conclu hors établissement : le Code de la consommation (article L221-10) interdit alors de recevoir le moindre paiement avant sept jours, sauf pour un dépannage urgent demandé par le client. L'acompte se prévoit donc au devis mais s'encaisse après ce délai, ou dès la signature quand celle-ci a lieu dans vos locaux.
Le client dispose en outre de quatorze jours pour se rétracter : un acompte encaissé pendant ce délai lui est remboursé s'il renonce.
Ce qu'un devis de rénovation oublie le plus souvent
L'évacuation des déchets et gravats, l'accès au chantier (échafaudage, protection des sols et parties communes), et les imprévus liés à l'état réel du support une fois les travaux commencés (une chape non conforme découverte après dépose, par exemple) sont les oublis les plus fréquents. Les mentionner explicitement au devis, même comme exclusion, évite un différend avec le client le jour où ils surviennent.
